La taille des pommiers et poiriers en palmettes

C’est à la suite de  stages effectués avec les Croqueurs de pommes, que m’est venu l’idée de faire cet article, qui je l’espère, apportera des clefs pour comprendre et appréhender au mieux la taille de fructification des pommiers et poiriers formés en palmettes. Mais il faut bien le dire, il n’y a rien de mieux que la pratique. C’est en taillant que l’on apprend.

La taille des palmettes en hiver est importante car elle permet de:

  • maintenir la forme qui a été imposée par le pépiniériste ou l’amateur pendant plusieurs années (cordon, U, double U, palmette verrier …).
  • assurer une bonne fructification.

Je ne traiterai ici que de la taille de fructification des coursonnes. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, il faut absolument connaitre et reconnaitre les différents éléments qui peuvent constituer une coursonne. On taille toujours dans un but bien précis et cela ne se fait pas à l’aveuglette. Ci-dessous les différents éléments que vous pourrez observer sur une coursonne:

coursonne 01Seules la lambourde et la brindille couronnée possèdent un bourgeon à fleur. Le dard est un bourgeon intermédiaire qui, suivant son alimentation en sève brute et élaborée dans le courant de l’année, évoluera soit en bourgeon à bois soit en bourgeon à fleur ce que nous souhaitons. Les autres éléments ne sont constitués que de bourgeons à bois.

Une fois ces différents éléments repérés, il faut bien avoir en tête que :

  • Il y a un antagonisme entre la vigueur d’un arbre et sa capacité à  produire des éléments fertiles. Les bourgeons à fleurs se forment sur des éléments faibles de l’arbre c’est à dire sur des éléments qui ont été « sous alimentés « en sève.
  • La sève aime la verticalité et se dirige préférentiellement vers elle.

Lorsqu’une coursonne n’ a produit que du bois, il faut la raccourcir d’une dizaine de centimètre en taillant au dessus d’un bourgeon orienté vers le bas.

IMG_7531bisIMG_7534bisOn aura tendance à garder intact les brindilles simples de faibles longueurs, de même que les coursonne possédant des dards. En effet, leur faible taille nous indique que leur vigueur est également faible, situation propice à voir apparaitre des bourgeon à fleur les années suivantes. De même, les brindilles couronnée et les lambourdes porteuses de futures fleurs, ne seront pas taillées, sauf si le nombres de bourgeon sur la coursonne est important.

exemple 01

IMG_7541bisLorsque sur une coursonne apparait un bourgeon à fleur, on taille juste au dessus. Il peut y avoir plusieurs bourgeons sur une même coursonne, il faudra dans ce cas n’en garder que deux ou trois au maximum. Sur les jeunes arbres on ne garde par principe qu’un seul bourgeon à fleur de façon à ne pas l’épuiser.

exemple 02

IMG_7571bisIMG_7454bisIl arrive que des coursonnes taillées tous les ans ne produisent que du bois. Elles peuvent d’ailleurs s’être ramifiées allégrement rendant plus complexe leur approche. Une fois de plus, il ne faut pas hésiter à revenir près de la charpentière pour reformer la coursonne. Il faut SIMPLIFIER au maximum les coursonnes … les erreurs sont permises et c’est cela qui nous fait progresser.

Les arbres conduits en palmette sont très intéressants car ils sont à la fois esthétiques et ont une emprise au sol faible. Leur plantation est donc recommandée lorsque l’espace qui leur est alloué est faible (bord du potager, petit jardin etc …). Cependant, leur entretien par la taille n’est pas des plus simples et doit se faire expliquer. Pour ceux qui disposeraient de plus d’espace, la tendance actuelle est de conduire les arbres de façon plus libre en abolissant quasiment la taille de fructification (cf l’excellent livre « De la taille à la conduite des arbres fruitiers » d’Evelyne Leterme et Jean-Marie Lespinasse). Du coup, la technique qui est utilisée pour affaiblir les charpentières est l’arcure. Cette technique consiste à courber à l’aide de cordes les dites charpentières …

imagesBon courage et à bientôt !!!

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6 commentaires pour La taille des pommiers et poiriers en palmettes

  1. Tout à fait. Et jolies photos 🙂
    L’arcure est 1 bon moyen de faire du fruit et de calmer les arbres qui poussent trop :
    C’est pas si compliqué. Le + simple pour retrouver ces gestes ancestraux : se rapprocher de sa section locale de croqueurs, certains expliquent bien :
    http://croqueurs-national.fr/

    Et si vous êtes très mauvais -ce que je ne crois pas- il vous vous reste les tailles enfantines : framboises, cassis, groseilles, kiwi et raisin.

    Pour les allergiques à la taille, si vous avez de la place, il vous reste les arbres … qui ne supportent mal voire pas la taille, arbre de plein vent : cerisier (auquel cas choisir intelligemment son porte-greffe : arbre adulte de taille raisonnable), prunier, et noyer, à espacer correctement.

    A l’inverse, si vous manquez de place, figuier, plaqueminier (kaki), abricotier et pêcher garniront avantageusement vos murs en lieu et place des trucs inutiles qui y sont : palmette à la diable. MIAM MIAM

  2. On élague à la rigueur. Et encore. Sauf à vouloir faire du bois, de la gommose et du chancre (pourquoi pas après tout)

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